Les femmes et le cinéma

Si les vedettes féminines parviennent parfois à obtenir une relative égalité avec leurs partenaires masculins, il n’en est pas de même pour la réalisation.

Pourtant, à l’époque où le cinéma est encore vu comme une attraction foraine, une femme a montré la voie. Alice Guy (1873-1968), la pionnière du cinéma français dont la carrière cinématographique coïncide avec les débuts du septième art, a réussi à s’imposer dans le monde du cinéma de l’époque, très fermé aux femmes. Elle écrit, réalise, tourne et même produit des centaines de films courts muets, mais aussi des longs métrages, des films parlants, les phonoscènes, avant de tomber dans l'oubli dès le début des années vingt. On lui attribue aujourd'hui le premier film de fiction La fée aux choux tourné en 1896.

Et comme pour la photographie, les femmes sont les « petites mains » : elles coupent, elles collent, elles développent.

Et si c'est à une femme, Germaine Dulac, que l'on doit le premier film surréaliste en 1928, La coquille et le clergyman, il faut tout de même attendre le milieu des années 1970 pour que les femmes accèdent en plus grand nombre aux commandes de la caméra et de la réalisation.

Malgré tout, elles restent invisibles : très peu de rétrospectives ou d'hommages ; absentes dans les programmes d'enseignement du cinéma : la liste de 208 films de la filmographie mondiale distribuée par la Fémis aux nouveaux étudiants ne compte 6 films réalisés par des femmes, Alice Guy, la pionnière, en est absente.

Le cinéma, tout en étant un art plus récent, n'échappe pas aux inégalités et aux discriminations : budgets moins élevés, cachets inférieurs, genres cinématographiques restreints, palette de rôles limitée, longévité moindre à l'écran... Une seule réalisatrice a eu la palme d'or depuis le début du festival de Cannes, Jane Campion, en 1993, pour La leçon de piano. Et on ne compte que 82 films réalisés par des femmes sur les 1645 œuvres sélectionnées depuis la première édition du festival.
Aujourd'hui encore, les femmes ne représentent que 17 % de l’ensemble des cinéastes.

 

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